Lyon, une reprise et des doutes


Lyon, une reprise et des doutes

Repartir sur du neuf, tel était l’objectif de l’Olympique Lyonnais version post-Genesio. Sauf qu’à une semaine de la reprise, la transition s’avère plus difficile qu’il n’y paraissait de prime abord. Et la préparation a fini par soulever plus de questions qu’elle n’a offert de réponses…

Début mai, c’est tout Lyon qui se teintait de jaune et de vert, vibrant à nouveau au rythme de la samba brésilienne. Inédit, le tandem Sylvinho-Juninho faisait saliver plus d’un gosier. Quinze trophées comme joueur, dont deux Ligues des champions avec le Barça, le premier atterrissait à l’aéroport Saint-Exupéry des idées plein la caboche, fort de son apprentissage d’adjoint sur ses terres. Quant au second, nul besoin de CV tant son passif ravivait la flamme de la décennie dorée à ses anciens supporters. Des inconditionnels qui, justement, vociféraient leur soif de renouveau. De Claude Puel à Bruno Genesio en passant par Hubert Fournier, les relations allaient de mal en pis, le point de rupture ayant été atteint avec le second. Pragmatique, le président Aulas sifflait alors la fin de la discorde.

Bourreau de travail, Juninho a tout de site planché sur les dossiers chauds afin de fournir à son comparse un effectif adéquat aux ambitions rhodaniennes. Dans l’ordre, Tatarusanu, Jean Lucas, le pack lillois Mendes-Koné puis Andersen ont rallié la capitale des Gaules. Trois piliers (Ferland Mendy, Tanguy Ndombélé et surtout Nabil Fekir) se sont envolés hors de France. Derrière les transactions économiques, un message clair : ce groupe à la dynamique épuisée a besoin d’être régénéré. Force est de constater qu’à cinq jours du bal d’ouverture face à Monaco, la patte Sylvinho est loin d’être posée.

Une fébrilité défensive toujours pas résolue
Traditionnel poncif de l’intersaison, un entraîneur répétera à qui veut l’entendre qu’en amical, le contenu prime sur le résultat. Le couac, ici, c’est que l’OL ne peut se vanter ni de l’un ni de l’autre. En termes de bilan comptable, il a encaissé quatre revers, contre le Servette Genève (1-2), le Genoa (3-4), Liverpool (1-3) et Bournemouth (0-3). Seule éclaircie, un succès arraché aux griffes d’Unai Emery sur la pelouse d’Arsenal (2-1). Une victoire heureuse, tant les partenaires de Memphis Depay ont été inexistants jusqu’à l’heure de jeu. Le constat est impitoyable : le plan de jeu pensé, mûri et exprimé par Sylvinho ne tient pas encore la route. Et si l’état des lieux offensif est loin d’être ridicule, il relève plus des fulgurances de ses talents que de séquences collectivement maîtrisées. Comme l’an passé, en somme.

En ce qui concerne le secteur défensif, l’ancien adjoint de Tite a visiblement hérité du talon d’Achille. Avec treize buts concédés lors des matches amicaux, les errements semblent même encore plus criants. Symbole malgré lui de ce marasme : le pauvre Joachim Andersen, tout juste arrivé de la Sampdoria. Le joueur est imputable de plusieurs erreurs grossières et d’un but contre son camp contre Liverpool. Autre pari du mercato dans l’entrejeu, Jean Lucas joue encore le frein à la main. Pis, la hiérarchie des gardiens (ou plutôt l’absence de hiérarchie) secoue l’organigramme lyonnais, visiblement pas du tout préparé à affronter une telle situation. «Personne ne m’a dit que je venais à Lyon pour être numéro deux. Si on m’avait dit ça, je ne serais pas venu», a ainsi lâché Tatarusanu. De quoi mettre le feu aux poudres avec Anthony Lopes, dont la prolongation de contrat est toujours au point mort.

De quoi s’inquiéter, vraiment ?
Au sein d’un dualisme où une partie est accusée de corporatisme et l’autre de complaisance avec l’allochtone, la modération a définitivement été écartée des discussions. Certains nostalgiques de Genesio s’en sont dès lors donné à cœur joie de gausser les débuts du duo Sylvinho-Juninho. Le technicien d’abord, qui peine à imposer ses méthodes de travail dans un environnement sensiblement différent et pour sa première expérience de numéro un. Le directeur sportif ensuite, pour un recrutement qui manque de tauliers capables de conduire le navire au gré des vents et marées. Du onze probable, seul Anthony Lopes semble en effet à même de mener cette jeune barque.


Mauvais présage, le seul entraîneur lyonnais en deux décennies à avoir réalisé une entrée en matière aussi timide n’était autre qu’Hubert Fournier en 2015-2016… licencié quatre mois plus tard. De quoi craindre le pire pour Sylvinho ? Fort heureusement pas encore, lui qui refuse de céder à l’alarmisme : «Je crois en mes joueurs et ils ont ma confiance. On doit encore travailler défensivement. On a concédé trop de buts sur la préparation. C’est le travail de toute l’équipe. Il faut qu’on trouve la bonne organisation. C’est mon boulot. On sera prêts vendredi.» Même Jürgen Klopp se voulait rassurant le 31 juillet dernier : «Je ne m’inquiète pas pour eux.» Dans un chantier comme celui-ci, rebâtir des fondations solides ne pouvait se faire raisonnablement en cinq matches amicaux. Seul le temps et la patience auront le loisir de nous apporter une réponse. Deux mots trop souvent ignorés dans le milieu du ballon rond.


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Anne Laure

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